Moi et toute ma famille réservons un accueil chaleureux à votre enfant. Au fil du temps, nous nous appliquerons à créer un lien affectif (cependant ce lien ne sera en rien comparable à l’amour que votre enfant a pour vous, ses parents).
Durant tout le temps de l’accueil, votre enfant sera intégré à la famille et participera (selon son âge et ses possibilités) aux activités de la maison.
Bisous et câlins lui seront accordés autant qu’il le souhaitera et qu’il en aura besoin. La politesse est obligatoire, mais pas les bisous ! Ainsi, je ne forcerais jamais un enfant à faire des bisous « pour dire bonjour » s’il n’en a pas envie.
Cependant, votre enfant n’est pas mon fils, ou ma fille, et une certaine distance professionnelle me semble nécessaire pour le bien-être de chacun.
Pour qu'un enfant explore, joue et apprenne, il doit se sentir en sécurité.
La période d'adaptation : Ce n'est pas seulement pour l'enfant, c'est le moment où vous apprivoisez mutuellement vos odeurs, vos voix et vos rythmes.
La continuité : Le tout-petit a besoin de repères. En étant une présence stable et prévisible, vous devenez sa "base de repli" quand il a un gros chagrin ou une peur.
Avant de parler, l'enfant communique avec tout son corps. La qualité de votre relation passe par :
L'observation fine : Apprendre à décoder ses pleurs (faim, fatigue, besoin de contact) ou ses micro-signes de frustration.
Le langage adressé : Lui parler avec douceur, commenter ce que vous faites ("Je vais te changer la couche", "On va sortir les jouets") pour qu'il ne subisse pas les soins mais y participe.
Le regard et le toucher : Un contact visuel à sa hauteur et des gestes doux lors des soins (le "care") sont les premiers vecteurs de tendresse.
Chaque enfant est un monde à part entière. La relation s'épanouit quand vous respectez :
Son sommeil : Ne pas réveiller un enfant qui dort pour une activité.
Sa motricité libre : Le laisser découvrir ses capacités (se retourner, ramper) sans le forcer, ce qui renforce sa confiance en lui... et donc en vous.
C'est sans doute le défi le plus subtil du métier :
Aimer sans posséder : On s'attache forcément, mais il faut garder à l'esprit que l'enfant appartient à sa famille.
Le relais : Votre rôle est de valoriser le parent auprès de l'enfant ("Maman revient tout à l'heure", "Papa va être fier de toi"). Une bonne relation avec l'enfant commence souvent par une relation de confiance avec ses parents.
Excellent choix ! Gérer la cohabitation entre un nourrisson (qui a besoin de calme et de bras) et un "grand" (qui déborde d'énergie et de décibels) est le véritable défi quotidien de l'assistante maternelle. C'est un numéro d'équilibriste.
Voici quelques clés pour que cette mixité devienne une force plutôt qu'une source de stress :
Le secret d'une cohabitation sereine réside souvent dans l'organisation de votre salon ou salle de jeux.
Le coin "bébé" sécurisé : Utilisez un parc ou un tapis d'éveil délimité par des coussins ou une barrière. Le petit doit pouvoir explorer son corps sans risquer de se faire marcher dessus par un grand lancé à pleine vitesse.
La table haute pour le grand : Proposez les activités à petites pièces (pâte à modeler, perles, puzzles) sur une table ou en hauteur. Cela évite que le bébé n'avale un objet et que le grand ne voit son chef-d'œuvre détruit en deux secondes.
C'est souvent le point de friction : comment coucher le bébé sans que le grand ne réveille tout le monde ?
Le temps calme imposé : Expliquez au plus grand que pendant que le bébé dort, c'est le moment des "activités de chuchotage" (lecture, dessin, écoute d'une histoire audio avec un casque ou à faible volume).
La valorisation : Dites au grand : "Tu es mon allié pour que le bébé se repose bien, merci de faire attention." Cela le responsabilise positivement.
Le grand peut ressentir une pointe de jalousie face aux soins constants que demande le bébé.
Inclure sans forcer : Proposez au grand d'apporter la couche, de choisir le doudou ou de chanter une petite chanson pendant le change. Il se sent utile et non mis de côté.
Le "réservoir affectif" : Prévoyez 10 à 15 minutes d'attention exclusive pour le grand (pendant que le petit fait sa sieste matinale, par exemple). Ce moment rien qu'à lui calmera son besoin de sollicitation pour le reste de la journée.
Apprendre la douceur : Les grands ne maîtrisent pas toujours leur force. Montrez-lui comment faire une "caresse de plume" plutôt qu'un gros câlin étouffant.
Chacun ses jouets : Expliquez que certains jouets sont pour tout le monde, mais que le doudou du bébé (ou le jouet préféré du grand) est sacré. Cela pose les bases du respect de l'autre.
Règle d'or : Ne laissez jamais un grand et un bébé seuls dans une pièce, même pour 30 secondes. L'impulsivité du plus grand (vouloir porter le bébé, lui donner un bonbon, etc.) est imprévisible.
Le contact physique est le premier langage de l'enfant, mais il doit toujours rester consenti.
L'enfant demandeur : Si un petit vient se blottir contre vous après une chute ou un gros chagrin, le consoler est une priorité. C'est la base de la sécurité affective.
L'enfant réservé : Certains enfants n'aiment pas le contact physique. Il faut respecter leur "bulle". On peut consoler par la parole, une main posée doucement sur l'épaule ou une présence assise à côté d'eux.
Apprendre le consentement : C'est le moment de lui apprendre que son corps lui appartient. On peut demander : "Est-ce que tu veux un câlin ?". S'il dit non, on respecte.
Le bisou est souvent plus discuté que le câlin dans le milieu de la petite enfance :
Éviter le visage : Pour des raisons d'hygiène (transmission de germes) et de pudeur, beaucoup de professionnelles privilégient le bisou sur le haut de la tête ou sur la main, plutôt que sur la joue ou (évidemment) la bouche.
Le bisou "magique" : Très efficace pour soigner les petits bobos imaginaires ! Mais là encore, on peut faire un "bisou dans la main" que l'enfant pose ensuite sur son genou.
L'alternative : Le "high-five", le "check" ou le "bisou soufflé" sont d'excellentes alternatives pour les plus grands qui veulent marquer leur affection sans contact direct.
Le parent est le premier lien d'attachement. Il est important que vos gestes d'affection ne soient pas perçus comme une "concurrence" :
La transparence : N'hésitez pas à dire aux parents : "Aujourd'hui, votre enfant avait besoin de beaucoup de bras, il a été très demandeur de câlins". Cela les rassure sur le fait que leur enfant est bien traité en leur absence.
Le respect des valeurs familiales : Certaines familles sont très tactiles, d'autres moins. Observez comment les parents se comportent pour rester en harmonie avec leur éducation.
Le métier d'assmat est émotionnellement intense.
Ne pas être un "doudou géant" : Si vous vous sentez envahie par un enfant qui réclame vos bras 8h par jour, il est important de remettre de la distance en douceur. Encouragez l'autonomie et l'attachement à un objet (le doudou) pour que l'enfant ne dépende pas uniquement de votre corps pour se rassurer.
Le but est que l'enfant comprenne que le parent part, mais qu'il le confie à une personne de confiance.
La clarté avant tout : Encouragez le parent à ne pas s'éclipser en douce. Un départ "caché" crée une angoisse d'abandon. Le bisou doit être clair, même si l'enfant pleure.
Le rituel de transition : Créez une habitude immuable (faire coucou à la fenêtre, ranger le doudou dans le panier, donner la main à l'assmat). Le cerveau de l'enfant adore la prévisibilité.
Le transfert de sécurité : Prenez l'enfant dans vos bras ou restez très proche de lui physiquement au moment où le parent franchit la porte. Vous devenez le "relais" affectif immédiat.
Il est normal qu'un enfant pleure, surtout entre 8 et 12 mois (l'angoisse de séparation).
Valider l'émotion : Ne dites pas "C'est rien, arrête de pleurer". Dites plutôt : "Je vois que tu es triste que Papa parte, je suis là pour te câliner jusqu'à ce que ça aille mieux".
Le retour au jeu : Une fois le parent parti, ne restez pas focalisée sur le chagrin. Proposez une activité "plaisir" ou allez voir les poissons/oiseaux dehors pour changer le flux de ses pensées.
C'est souvent le moment où l'enfant, qui a été "sage" toute la journée, explose en pleurs ou en colère en voyant ses parents.
L'effet "décharge" : Expliquez aux parents que ce n'est pas parce qu'il est malheureux de les voir, mais parce qu'il se sent enfin assez en sécurité pour relâcher toutes les tensions de sa journée.
La transmission (les transmissions) : Préparez un petit carnet ou une fiche pour que la transmission orale soit rapide. Si vous parlez trop longtemps au parent, l'enfant peut se sentir délaissé alors qu'il attend son moment exclusif.
Le doudou est le pont entre la maison et chez vous. C'est une extension du parent.
Disponibilité : Laissez le doudou accessible, surtout pendant les premières 30 minutes après le départ des parents.
L'odeur : Parfois, un t-shirt avec l'odeur de la maman ou du papa laissé dans le sac peut apaiser un nourrisson très angoissé par la séparation.
Les jeunes enfants n'ont pas encore de cortex préfrontal mature ; ils sont purement impulsifs. Le conflit est leur manière (maladroite) de tester l'autre.
L'observation avant l'intervention : Si deux enfants se chamaillent pour un ballon sans se faire mal, laissez-les parfois chercher une solution. S'interposer trop vite empêche l'apprentissage de la négociation.
La médiation (pas l'arbitrage) : Au lieu de dire "C'est lui qui a commencé !", dites : "Je vois deux enfants qui veulent le même camion. Comment on peut faire ?".
Mettre des mots sur l'émotion : "Tu es en colère parce que Julie a pris ton livre, mais je ne peux pas te laisser taper." On valide le sentiment, mais on interdit le geste.
C'est le cauchemar de l'assmat, car il faut gérer l'enfant "agresseur", l'enfant "victime" et l'explication aux parents le soir.
Priorité à la victime : Consolez d'abord celui qui a mal. Cela montre à l'autre que son geste violent ne lui apporte pas l'attention espérée.
Réparer : Proposez au "fautif" d'apporter un doudou ou un gant d'eau froide. Cela l'aide à sortir de sa culpabilité et à passer à l'empathie.
L'isolement constructif : Si l'enfant est trop énervé, un petit temps de retour au calme (assis près de vous, pas au piquet) est nécessaire pour faire redescendre la pression.
Parfois, le conflit n'est pas avec l'enfant, mais avec l'adulte (retards répétés, désaccord sur la sieste, principes éducatifs différents).
Le contrat comme bouclier : Pour les questions d'horaires ou de tarifs, référez-vous toujours au contrat de travail. C'est le cadre neutre qui protège la relation.
La communication non-violente (CNV) : Utilisez le "Je" plutôt que le "Vous".
Mauvais : "Vous arrivez toujours en retard !"
Pro : "Je me sens inquiète quand l'horaire est dépassé car cela décale mon organisation personnelle. Comment peut-on s'organiser ?"
La posture professionnelle : Vous êtes l'experte chez vous, mais ils sont les parents. Proposez des conseils sans les imposer.
3 secondes de pause : Respirez. Votre calme est la clé. Si vous criez, le conflit s'amplifie.
2 actions immédiates : Sécuriser (séparer les enfants) et Verbaliser (expliquer ce qui se passe).
1 solution : Détourner l'attention ou proposer une alternative (un autre jouet, une autre activité).
Astuce : Quand vous parlez d'un conflit entre enfants aux parents, présentez-le comme une étape de développement. "Aujourd'hui, il y a eu une petite tension pour un jouet, c'est l'occasion pour [Prénom] d'apprendre à prêter, on y travaille ensemble !" Cela déculpabilise tout le monde.
C’est le signe que l'enfant a une confiance absolue en vous. Il vous raconte ce qu'il a mangé, la dispute des parents pour la télé, ou le fait que "Papa a dit un gros mot".
La posture : Accueillez la parole sans juger. Restez neutre.
La discrétion : Tout ce qui se passe chez les parents doit rester chez vous. Ne colportez pas ces anecdotes aux autres parents de l'accueil (le fameux "secret professionnel" partagé).
Faut-il le dire aux parents ? Si c'est anodin, vous pouvez en rire avec eux le soir ("Il m'a raconté votre aventure avec le chat !"). Si c'est un peu gênant, gardez-le pour vous pour préserver l'intimité de la famille.
Les enfants adorent dire : "Je vais te dire un secret, mais tu ne le dis pas à Maman !".
La règle d'or : En tant qu'adulte référente, vous ne pouvez pas entrer dans un pacte de secret absolu avec un enfant.
L'explication : Dites-lui doucement : "Tu peux tout me dire, je t'écoute. Mais si c'est quelque chose d'important pour ta sécurité ou ta santé, je devrai peut-être en parler à tes parents pour t'aider." Cela pose un cadre sécurisant.
C’est la partie la plus lourde de votre métier. Parfois, un enfant confie un secret qui laisse suspecter de la maltraitance ou une situation de danger.
Ne pas mener l'enquête : Si un enfant fait une confidence grave, ne lui posez pas de questions suggestives ("Est-ce qu'il t'a tapé ?"). Laissez-le parler, notez ses mots exacts, la date et l'heure.
Le devoir de protection : Votre agrément vous oblige à protéger l'enfant. Si le secret révèle un danger, vous devez contacter la PMI ou la CRIP (Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes).
Le secret partagé : Dans ce cas précis, le secret ne vous appartient plus, il appartient aux institutions de protection de l'enfance.
L'inverse est vrai aussi : les enfants sont des caméras ambulantes !
La sphère privée : Évitez de raconter vos problèmes personnels ou vos secrets de famille devant les enfants, même s'ils vous semblent "trop petits pour comprendre". Ils captent l'émotion et peuvent répéter des fragments de phrases à leurs parents le soir.
Le filtre : Gardez une certaine réserve pour maintenir votre posture professionnelle.
Type de confidence
Exemple
Action de l'Assmat
L'anecdote de vie
"On a mangé des frites au petit-déjeuner !"
On sourit, on peut en parler au parent avec humour.
Le secret "poids"
"Maman pleure tout le temps dans sa chambre."
On écoute, on reste vigilante, on soutient l'enfant.
L'aveu de bêtise
"C'est moi qui ai cassé le jouet de mon frère."
On aide l'enfant à assumer et à réparer.
L'alerte
"Un tel m'a fait mal et a dit de ne pas le dire."
Alerte immédiate. On note tout et on contacte la PMI.